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Depuis la LFSS 2026 et la majoration de la CSG sur les revenus du capital, le PFU est passé de 30 % à 31,4 %. De quoi relancer le débat : faut-il rester au PFU ou opter pour le barème progressif ? La réponse dépend de trois variables : le TMI du contribuable, la date d'acquisition des titres et la nature des autres revenus mobiliers du foyer. Décryptage avec simulations chiffrées.
Le PFU 2026 : 31,4 %, pas 30 %
Le prélèvement forfaitaire unique s'applique par défaut à l'ensemble des revenus et gains mobiliers (art. 200 A, 1 du CGI). Son taux se décompose désormais ainsi :
| Composante | Taux 2026 | Texte |
|---|---|---|
| IR forfaitaire | 12,8 % | Art. 200 A, 1-B-1° du CGI |
| CSG majorée (LFSS 2026) | 10,6 % | Art. L. 136-8 du CSS |
| CRDS | 0,5 % | Art. 15 de l'ordonnance n° 96-50 |
| Prélèvement de solidarité | 7,5 % | Art. 235 ter du CGI |
| Total PFU | 31,4 % |
Point clé : au PFU, la CSG n'est pas déductible. Le taux de 31,4 % est donc un taux sec, "tout compris".
L'option barème : comment ça marche
Le contribuable peut renoncer au PFU et opter pour l'imposition au barème progressif de l'ensemble de ses revenus mobiliers (art. 200 A, 2 du CGI). Cette option est :
- Globale : elle s'applique à tous les revenus mobiliers du foyer (dividendes, intérêts, plus-values). On ne peut pas panacher.
- Annuelle : elle se renouvelle chaque année sur la déclaration 2042.
- Irrévocable après la date limite de déclaration.
En contrepartie, l'option barème ouvre deux avantages :
- La CSG est partiellement déductible du revenu global à hauteur de 6,8 % de la plus-value brute (art. 154 quinquies du CGI), ce qui réduit la base imposable à l'IR.
- Les abattements pour durée de détention sont applicables (titres acquis avant le 01/01/2018 uniquement).
Doctrine de référence : BOI-RPPM-PVBMI-30-20 (MàJ 18/08/2025) et BOI-RPPM-RCM-20-15.
Les abattements : le levier décisif pour les titres pré-2018
Les abattements pour durée de détention ne s'appliquent qu'en cas d'option pour le barème et uniquement pour les titres acquis ou souscrits avant le 01/01/2018.
Abattement de droit commun (art. 150-0 D, 1 ter du CGI)
| Durée de détention | Taux d'abattement |
|---|---|
| Moins de 2 ans | 0 % |
| De 2 ans à moins de 8 ans | 50 % |
| 8 ans et plus | 65 % |
Champ : BOI-RPPM-PVBMI-20-20-10 (MàJ 18/08/2025).
Abattement renforcé PME (art. 150-0 D, 1 quater du CGI)
Applicable sous conditions strictes (PME < 10 ans à la date de souscription, siège UE/EEE, activité opérationnelle, etc.) :
| Durée de détention | Taux d'abattement |
|---|---|
| De 1 an à moins de 4 ans | 50 % |
| De 4 ans à moins de 8 ans | 65 % |
| 8 ans et plus | 85 % |
Champ et conditions : BOI-RPPM-PVBMI-20-30-10.
Abattement fixe dirigeant retraite (art. 150-0 D ter du CGI)
Abattement de 500 000 EUR applicable aux cessions de titres de PME par les dirigeants partant à la retraite. Attention : ce dispositif était limité aux cessions réalisées entre le 01/01/2018 et le 31/12/2024 (loi n° 2017-1837, art. 28, VI-C). Il convient de vérifier si une prolongation a été adoptée par la LFI 2025 ou 2026 avant de l'invoquer pour une cession réalisée en 2025 ou au-delà.
Champ : BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-10.
Rappel : ces abattements ne s'appliquent jamais aux prélèvements sociaux, qui restent assis sur la plus-value brute (18,6 %).
Simulations comparatives : PV de 100 000 EUR
Le barème IR 2026 (art. 197 du CGI) est le suivant :
| Tranche de revenu par part | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 EUR | 0 % |
| 11 601 EUR à 29 579 EUR | 11 % |
| 29 580 EUR à 84 577 EUR | 30 % |
| 84 578 EUR à 181 917 EUR | 41 % |
| Au-delà de 181 917 EUR | 45 % |
Hypothèse : contribuable célibataire (1 part), PV brute de 100 000 EUR constituant le seul revenu mobilier. Les montants supposent que la PV s'ajoute marginalement à un revenu existant situé dans la tranche indiquée, sans franchissement de tranche. Les calculs au barème intègrent la déductibilité de 6,8 % de CSG. Pour les profils avec abattement, seul l'IR est réduit (PS sur la base brute).
| Profil | PFU (31,4 %) | Barème | Écart | Choix |
|---|---|---|---|---|
| Titres post-2018, TMI 30 % | 31 400 EUR | ~46 560 EUR | +15 160 EUR | PFU |
| Titres pré-2018, > 8 ans, TMI 30 % (abatt. 65 %) | 31 400 EUR | ~27 060 EUR | -4 340 EUR | Barème |
| Titres pré-2018, > 8 ans, TMI 45 % (abatt. 65 %) | 31 400 EUR | ~31 290 EUR | -110 EUR | Quasi-neutre |
| PME < 10 ans, pré-2018, > 8 ans, TMI 45 % (abatt. 85 %) | 31 400 EUR | ~22 290 EUR | -9 110 EUR | Barème |
Détail du calcul pour le profil "abattement 65 %, TMI 30 %" :
- Base IR : 100 000 x 35 % (après abattement) - 6 800 (CSG déductible) = 28 200 EUR
- IR : 28 200 x 30 % = 8 460 EUR
- PS : 100 000 x 18,6 % = 18 600 EUR
- Total : 27 060 EUR (taux effectif 27,1 %)
Le tableau de décision
| Situation | Recommandation |
|---|---|
| Titres acquis après le 01/01/2018, TMI >= 30 % | PFU (quasi systématique) |
| Titres acquis après le 01/01/2018, TMI 0 % ou 11 % | Barème (économie de 2 à 12 points d'IR) |
| Titres acquis avant le 01/01/2018, détenus > 8 ans, TMI 30 % | Barème avec abattement 65 % (gain ~4 points) |
| Titres acquis avant le 01/01/2018, détenus > 8 ans, TMI 45 % | Neutre (simuler au cas par cas) |
| PME < 10 ans pré-2018, détenus > 8 ans, abattement 85 % | Barème (gain substantiel quel que soit le TMI) |
| Client percevant aussi des dividendes importants | Simuler globalement : l'option barème s'applique aussi aux dividendes (abattement 40 %, art. 158, 3, 2° du CGI) |
Les 5 pièges à éviter
-
Oublier que l'option est globale. Opter pour le barème afin d'obtenir un abattement sur une PV signifie aussi soumettre au barème les dividendes, les intérêts et tous les RCM du foyer. Un dividende de 200 000 EUR taxé à la TMI 45 % (même avec l'abattement de 40 %) peut annuler le gain obtenu sur la plus-value. Simulation globale obligatoire.
-
Revendiquer un abattement sur des titres post-2018. C'est la première cause de rejet en contrôle. L'abattement pour durée de détention est strictement réservé aux titres acquis ou souscrits avant le 01/01/2018 (BOI-RPPM-PVBMI-20-20-10 §30 à 40).
-
Appliquer l'abattement aux prélèvements sociaux. Les PS de 18,6 % s'appliquent toujours sur la PV brute, sans aucun abattement. L'abattement ne réduit que la base IR.
-
Cumuler abattement fixe et abattement proportionnel. Le dernier alinéa du 1 de l'article 150-0 D du CGI interdit expressément le cumul. Il faut choisir l'un ou l'autre pour une même cession (BOI-RPPM-PVBMI-20-40-20 §110).
-
Négliger l'impact sur la CDHR. Pour les foyers soumis à la contribution différentielle sur les hauts revenus (art. 224 du CGI), l'option barème peut modifier le revenu fiscal de référence et donc l'assiette de la CDHR. Simulation indispensable.
Pour aller plus loin
- Cession de titres avec apport-cession : 150-0 B ter : report d'imposition, réinvestissement et pièges
- Arbitrage rémunération vs dividendes : Salaire vs dividendes 2026
- Plus-values immobilières : Calcul, abattements et exonérations
Conclusion
En 2026, le PFU à 31,4 % reste le choix par défaut pour la majorité des contribuables, notamment ceux dans les TMI 30 % et plus qui détiennent des titres acquis après 2018. Mais pour les titres pré-2018 détenus depuis plus de 8 ans, l'option barème avec abattement de 65 % (ou 85 % en PME) reste nettement plus avantageuse, y compris aux TMI élevés. Le piège : l'option est globale. Un dividende oublié dans la simulation peut transformer un gain en surcoût. Modélisez toujours l'ensemble des revenus mobiliers du foyer avant de cocher la case.
Les calculs et montants présentés sont indicatifs et doivent être vérifiés avec les textes en vigueur.